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VRILLES

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VRILLES

La vrille de vigne est un phénomène saisissant et qui m’inspire à chaque fois que je suis dans une parcelle pour effectuer des travaux viticoles parce qu’elle est toujours présente. De couleur vert tendre et un peu molle au printemps, ferme et décidée en été, brune et très solide à partir de l’automne. Elle reste généralement sur les fils même après la taille et l’arrachage, et c’est là que je cueille les plus belles, lignifiées et solides comme du bois, pour les transformer en broches. Si vous êtes curieux de voir ce que ça donne, c’est par ici !

La vrille permet à certaines plantes (haricot, clématite, bryone) de s’accrocher à des supports et dès qu’elle entre en contact avec un objet pendant un temps suffisant, elle s’enroule autour de lui formant un point fort aidant à soutenir la tige en croissance. Pour la vigne elles aident la plante à aller vers la lumière mais elle peuvent aussi et très rapidement transformer une rangée de vigne en jungle impénétrable car elle se connectent aux voisines en face…Les vrilles peuvent être « droitières » si le tour se fait dans la direction des aiguilles d’une montre , ou « gauchères », dans la direction opposée. Darwin a inventé le mot de circummutation en 1865 pour décrire le mouvement d’hélice qu’effectue la vrille pour trouver son support. La passiflore par exemple peut faire une vrille en révolution complète en environ 43 minutes à 32 °C !

La  vrille de la  vigne  est  une structure puissante naissant vis-à-vis d’une feuille, ce sont des pédoncules floraux modifiés. Elles bifurquent souvent plusieurs fois et se recourbent à l’extrémité, de façon que la concavité soit en dehors de l’angle des deux branches. La vrille de vigne se forme  sans  aucun  besoin de  contact  et elle ne s’accroche qu’en rencontrant un support, parfois la vigneronne… mais heureusement elle est assez lente…C’est ce contact qui oriente sa rotation ultérieure.

Au microscope c’est tout un monde qui se révèle puisque la répartition des cellules est différente dans la courbure et l’on pense à des récepteurs stimulés par un contact extérieur…il y a semble t’il encore beaucoup de secrets à découvrir. Et si le toucher, l’odorat, et l’ouïe étaient autant d’informations sensitives précieuses pour les plantes ?  la vrille semble être l’un des symptômes de l’adaptation constante des plantes à leur milieu et de leurs interactions avec les voisines.  A ce jour on a recensé au moins 700 sortes de capteurs sensoriels chez les plantes : mécanique, chimique, lumineux, thermique…ce qui en fait des êtres hypersensibles et très informés ! Raison de plus pour les jus issus des raisins soit accompagnés le plus naturellement possible.

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